Chers Amis,

La Fédération Française d’ULM est particulièrement fière et heureuse de vous accueillir ce matin, si nombreux et venant de parfois très loin, pour participer à cette première Conférence Générale de l’European Microlight Fédération.

En tant que Président de la Fédération Française, mais aussi en tant que premier président de l’EMF, au nom également de Keith Négal, trésorier et Jo Konrad, secrétaire général, membres fondateurs de l’EMF, je me réjouis de votre présence et souhaite que nos travaux soient particulièrement fructueux pour l’avenir de notre passion, le vol en ULM.

Je voudrais en premier lieu faire remarquer le nombre important de pays européens représentés ici et parmi ceux-ci tous les pays majeurs du mouvement ULM. Il s’agit pour l’EMF d’un premier grand succès, qui assoit notre crédibilité auprès de l’ensemble des institutions officielles nationales ou Européennes.

Cette réelle représentative nous sera d’une précieuse aide pour faire reconnaître notre conception de l’Ultra Léger ; celle que nous nous sommes donnés comme mission de faire adopter à long terme par l’ensemble des pays d’Europe et par les institutions de l’Union européenne.

Il est naturel qu’une majorité d’entre vous se pose la question des raisons et de l’opportunité de la création et de l’existence de la Fédération Européenne d’ULM.

La réponse tient toute entière dans ses statuts.

Mais tout d’abord, éliminons l’idée que l’EMF s’opposerait à Europ Air Sport. L’EMF doit combler un vide, et utiliser des voies et des moyens différents de l’EAS auquel l’EMF ne prétend pas se substituer et avec qui les pays membres de l’EMF doivent continuer à collaborer.

La représentativité du mouvement ULM est trop faible au sein d’EAS et noyée parmi les autres pratiques aéronautiques historiquement dites « majeures » et dont le poids auprès des instances Européennes est prépondérant. L’organisation d’EAS est telle que le mouvement ULM ne pèse pas son poids réel ; il existe trop de filtres, et au moment des décisions nos intérêts passent loin derrière ceux de l’Aviation légère traditionnelle. Les groupes de travail ne sont pas assez efficaces, parce que peut être trop dilués, et manquant de personnalités énergiques, ayant l’autorité suffisante pour inciter au travail les délégués nationaux, certes de bonne foi, mais pas efficaces.

En outre, EAS travaille directement avec les instances Européennes. Mais les organes de ces institutions sont en partie composés par des fonctionnaires des Aviations Civiles de chacun de nos pays. Si chacun d’entre nous sommes capables de présenter à nos aviations civiles nationales un projet ou une base de réglementation ULM, conçue, acceptée et exigée par l’ensemble de nos fédérations nationales ULM, nous aurons de très grandes chances de les convaincre de défendre nos positions au niveau Européen ; Et si une majorité de ces fonctionnaires sont convaincus par chacun de nous sur un projet commun, c’est à dire cohérent et logique, il est possible de gagner ce combat qui nous attend dans les prochaines années pour préserver notre spécificité ULM. Nous devrions ainsi avoir une majorité d’alliés au sein des instances européennes de décision, alors qu’EAS ne représente qu’une seule voix.

En ce qui concerne les buts de l’EMF, nous lisons dans les statuts :

L’objet de l’EMF est de favoriser et protéger en Europe l’activité ULM (au sens de l’ l’EASA)

- participer activement à l’élaboration des règlements et des actions qui peuvent concerner cette activité afin d’en assurer un développement harmonieux

- favoriser la libre circulation de ses pilotes en Europe.

Il s’agit donc pour les fondateurs d’établir et de proposer une réglementation ULM, qui soit une base commune acceptable par tous les pays Européens et la moins contraignante possible. Dans ce domaine la réglementation française est une référence, même si quelques points peuvent être empruntés à d’autres pays.

Nous devons être particulièrement vigilants sur ce point. Nous ne pourrons accepter des dérives, telle qu’une augmentation de la masse maxi au décollage, demandée par certains, qui dénaturent la philosophie de notre pratique et qui nous feraient entrer dans le domaine d’intervention de l’EASA, auquel nous devons absolument échapper.

La réglementation ULM doit rester de la responsabilité de nos Aviations Civiles Nationales. Ainsi notre action et notre projet commun cohérent auront toutes les chances d’aboutir. C’est ainsi déjà qu’en Allemagne, l’exemple français d’accueil des pilotes étrangers a été pris en compte par l’Aviation Civile Allemande, présenté par Jo Konrad, dans le cadre de l’EMF.

Ainsi, le projet d’Ecolight Suisse ne peut être considéré comme valable pour l’EMF, car il serait un grand pas en arrière par rapport à la réglementation ULM existante, telle qu’actuellement définie en France, en Angleterre, en Allemagne …

Par ailleurs, même des pays comme la France connaissent des courants et des groupes de pression qui souhaitent un alourdissement de la réglementation ULM. Si la majorité des pays Européens, sous l’influence du travail de l’EMF, adoptent des mesures allégées, chacun de nos pays en profitera et chacun des organismes représentatifs de chaque pays pourra donner en exemple à son administration le pays voisin et faire pression dans le bon sens.

Au minimum nous pensons ainsi éviter des alourdissements de réglementation et leur contagion dans les pays voisins.

Au maximum nous pensons pouvoir alléger les réglementations trop contraignantes de certains pays.

Notre premier travail est dons d’établir ensemble des critères de base pour une réglementions ULM, légère et acceptable par tous.

Ensuite, certains dossiers doivent être ouverts comme l’acceptation par l’EASA de l’autogire dans la catégorie ULM ou la simplification des formalités pour les pilotes Européens qui veulent traverser les frontières.

Pour effectuer ce travail nous devons être véritablement représentatifs ; c’est à dire que le maximum de pays et leurs associations ULM soient présents au sein de l’EMF. C’est pourquoi l’EMF doit déjà évoluer et s’adapter aux réalités nationales en terme de représentation des pilotes ULM de chaque pays.

Certains connaissent en effet plusieurs organismes représentatifs. Nous allons donc proposer une évolution de nos statuts. Mais rien ne pourra ensuite être fait sans un minimum de consensus dans ces pays pour parler d’une voie unique au sein de l’EMF. C’est le challenge que nous devons remporter avant tout.

Je souhaite que Bonne Volonté et Passion soient les seuls intérêts qui nous animent et nous permettent de prendre les bonnes décisions.

Merci encore de votre présence qui prouve, que nous avons sans nul doute la volonté commune de préserver notre pratique du Vol Ultra léger Motorisé.

Dominique MEREUZE
Président de l’EMF